Dimanche 11 avril 2010
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20:57
En ce deuxième dimanche d'Avril, Dumont d'Urville a ouvert son premier vide grenier. Comme chaque
week-end de printemps, des stands et étales poussent dans bien des communes de France et de Navarre. Ici il marquera l'ouverture de la saison des vides greniers et brocantes d'Antarctique. Pour
l'occasion les vendeurs étaient venus s'inscrire auprès du comité des Fêtes de DDU, organisateur de l'événement. C'est au petit matin, vers 10h00, que sont venus s'installer les brocanteurs. Les
chineurs ont alors pu s'adonner à leur habituelle passion jusqu'en début d'après-midi. On peut dire que pour un premier événement du genre, ce fut une réussite. Une dizaine d'exposants étaient
présents sur l'extraordinaire site du séjour qui avait été, pour l'occasion, amélioré d'un stand snack et crêpes, d'un chamboule tout et d'une buvette.
De mémoire de manchot, on n’avait pas vu à DDU de brocante aussi animée et florissante. On
trouvait entre un tournevis, une valise, une revue des Inrock’ et un briquet, une chaussette ayant perdu sa moitié, un roman de gare ou encore des pastelles à côté d’un vieux rasoir de barbier.
Le tout en dégustant une excellente galette bretonne et un verre de cidre. Chacun aura ainsi eu l’opportunité d’échanger, céder, recevoir tout objet considéré intéressant pour sa pomme. Mais
surtout cela aura permis de se débarrasser de vieilles frusques et de vider certains tiroirs. L’avantage c’est qu’avant de jeter on peut trouver repreneur et donner une seconde vie à certaines
choses.
Cette journée de partage et d’échange nous permit de passer un bon moment en compagnie de Martine la bohémienne, de Pit le
rockeur, John le Texan, les bigoudènes aux crêpes et nos chers organisateurs. Même si le temps n’était pas de la partie, elle s’ajoutera à la longue liste de souvenirs adéliens qui repartiront
avec nous.
Par JeanC
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Dimanche 18 avril 2010
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20:58
En ce troisième dimanche d'Avril je profite de ma première sortie sur la banquise depuis qu'elle est ouverte pour aller faire un
coup de pêche en rivière. Je m'explique. Lorsque la banquise est bien formée il apparaît par moment des failles bien visibles où l'épaisseur ne change pas et l'eau fini par geler si la faille ne
s'écarte pas plus. Aussi j'ai décidé ce matin d'aller sur une rivière derrière la manchotière avec deux collègues pour tenter de prélever des spécimens plus rares tels que les poissons dragons et
autres, dont je vous ai déjà parlé. La rivière choisie est située au niveau d'une zone ou j'approche des fonds de 60 mètres. Ce qui me semble intéressant.
(Photo Dom)
C'est d'abord la balade sur la banquise pour rallier la zone d'étude qui nous motive le plus. En effet nous avons pu apprécier
un décor toujours aussi spectaculaire. Désormais la glace est prise, on peut observer les icebergs de plus près tout en respectant une bonne distance de sécurité. Car la glace au pied des icebergs
reste souvent faible et instable. Malgré cela, lorsqu'on peut s'approcher d'un iceberg on change immédiatement de point de vue. Celui devant lequel nous somme passé, présentait un pente plus que
gigantesque. C'est un morceau du glacier, qui se trouve derrière notre île, qui se serait détaché et aurait basculé une fois dans l'eau. Cette pente part du niveau de la banquise d'un côté et monte
jusqu'à plus de 10 mètres à l'autre extrémité. C'est tout simplement époustouflant !
Après ces moments de découverte et d’exploration, nous trouvons un coin exploitable de la rivière pour s’y installer. Quand je
parle de s’installer, il s’agit de poser le matériel, se caler bien au chaud, à l’intérieur de la combinaison et s’asseoir si possible sur un sceau ou autre chose pour s’isoler du froid de la
glace. Car ce dernier est bien rude, quand on sait que la glace peut atteindre des températures dépassant les -10°C. Ensuite il ne reste plus qu’à attendre. Cette fois nous ne resterons pas
longtemps car ça ne mord pas et l’un de nous fini par avoir froid au bout d’une heure passée dans le froid. Donc retour au chaud sans oublier de profiter du paysage, bredouille pour la science mais
chacun un peu plus enrichie par la magie de l’Antarctique.
Par JeanC
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Mercredi 21 avril 2010
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21:59
Aujourd'hui je vais sur la banquise pour creuser mon trou : le trou de pêche. En effet, nous
avons un point fixe pas trop éloigné de la base à partir duquel est réalisé un suivi de l'écosystème de la colonne d'eau depuis plusieurs années. Je dois donc profiter que la glace n’est pas encore
trop épaisse pour aller creuser sur un mètre carré et en un point précis localisé par GPS. Heureusement toute équipe s’est mobilisée avec moi. Ceux qui m’accompagnent sont le chef technique, le
mécanicien garage, le chef centrale, la vétérinaire et un collègue physicien. Faut avouer que seul c’est infaisable sans y passer toute la nuit.
Toute cette petite équipe gagne le plaisir de tirer deux pulkas (traîneau pour humain) charger de
matériel. On a avec nous toute une montagne de matériels, dont le coffrage qui doit être installé une fois le trou percé, accompagné de son couvercle isolant. Le but est de garder ce trou tout au
long de l’année sans qu’il ne soit repris par les glaces. Je dois avouer que nous sommes tous novices dans l’affaire. Aucun de nous n’a déjà eu à faire ce genre de chose. Il faut commencer par
trouver le point GPS, pour ensuite percer le plus possible la glace à l’aide du carottier, dans le périmètre définis et finir le tout à la scie. Sachant que la glace était de 40 centimètres
d’épaisseur, nous avons retiré 0,4 m3 de glace. D’abord en
réalisant plus d’une quinzaine de carottes puis en finissant par enlever un gros bloc qui aurait pu faire une excellente table basse s’il n’avait été en glace.
Image RIMG0036
Grâce à un temps superbe, ce fut une belle après-midi et une belle opération. Nous avons
également eu la visite de manchots curieux, venu surveiller l’avancement des travaux.
Image RIMG0021
Par JeanC
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Jeudi 22 avril 2010
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19:52
Quelle surprise avons nous eu cette après-midi pendant que je réalisais mon opération océanographique assisté de trois
collègues. Il faudra que je vous explique une prochaine fois comment je travaille. En attendant, je vais vous conter cette première visite d'un phoque au trou de pêche. Régis comme nous l'avons
désormais appelé, s'est pointé tranquillement, alors que nous venions de remonter un filet. Monsieur le pinnipède voulant reprendre son souffle, n'ayant trouvé autre trou à la ronde, s'est invité
pour une petite pause respiratoire. Là faut avouer que je saurai dire lequel de l'homme ou de l'animal fût le plus surpris en premier lieu et le plus curieux en second. Tout bipèdes que nous
sommes, nous n'avons rien raté du spectacle. Mr le Phoque a pris le temps de contempler les quelques humains de l’assistance en se demandant ce que nous pouvions faire ici, avant de repartir les
poumons rechargés.
A la prochaine Régis !
image Didier R
image Jacques S
Par JeanC
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Jeudi 22 avril 2010
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21:30
image Jacques S. #1
Image Jacques S. #2
Pour l'instant les véhcules ne sont pas autorisés sur la banquise, aussi je me déplace avec mon matériel
dans une pulka. Voyez ! Même pendant l'effort on garde le sourire. C'est vrai qu'en photo ça parait facile, mais je vous assure que ce n'est pas le cas. Allé, encore un
peu d'entraînement et je pourrai traverser l'Antarctique !
Par JeanC
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